Un trauma bébé qui provoque des crises de boulimie.
Une femme vient me voir en consultation parce qu’elle souhaite arrêter de faire des crises de boulimie. (Crises durant lesquelles la personne mange encore et encore sans avoir faim jusqu’à se faire mal, comme si elle perdait le contrôle d’elle-même).
Pour ce genre de problématique, j’ai tendance à enquêter différentes pistes : comment la personne se sentirait si elle ne mangeait pas ? Quelle émotion cherche-t-elle à étouffer ? Quelle sensation la traverse juste avant la crise, etc. ? Bref, avec cette dame, on creuse dans cette optique et on se rend compte qu’elle mange comme si elle était obligée de le faire. Elle sent qu’elle n’a pas faim, se dit qu’elle ne va donc pas manger et à ce moment-là, elle a la sensation que quelque chose lui souffle « Tu es obligée ». Comme si quelque chose venant de l’extérieur la forçait à manger.
Je l’invite à se concentrer sur cette sensation que quelque chose d’extérieur la pousse à manger. Plus elle se concentre et plus la chose extérieure se transforme en une voix de plus en plus audible. Elle entend comme des cris, comme si on lui criait dessus. Ces manifestations sont des souvenirs sensoriels forcément liés à quelque chose que la personne a vécu dans son passé. La pensée de sa nounou lui traverse soudain l’esprit. La nounou qui la gardait quand elle était tout bébé. C’est alors que son corps se met à tousser très très fort, et qu’elle ressent une intense sensation de peur qui la mène jusqu’aux larmes. Je l’invite à verbaliser ce qui se passe en elle tout en étant consciente qu’elle n’est plus là-bas et que maintenant elle est en sécurité ici et maintenant dans mon cabinet, que je suis là et que son corps lui envoie des signaux pour qu’elle verbalise ce qu’elle a vécu et ressenti étant petite :
« Je l’entends me crier dessus, je sens qu’elle est vraiment en colère, je sens que mes joues chauffent, j’ai très mal aux oreilles, je sens la sensation des claques sur mes oreilles, j’ai l’image d’un bébé à qui l’on enfonce la cuillère de force dans la bouche, je sens que je me force, je fais du mieux que je peux, (la dame pleure à chaudes larmes), je manque de m’étouffer (son corps est pris d’une quinte de toux). Lors de cette séance cette consultante, sous le choc mais soulagée d’un gros poids, a pris conscience que sa nounou la frappait, lui criait dessus, la forçait quand elle ne mangeait pas, quand elle n’avalait pas. Donc son cerveau a logiquement imprimé qu’elle allait se faire maltraiter si elle n’avalait pas, si elle ne se forçait pas à manger. Ses crises de boulimie ont alors pris tout leur sens et elle a perdu sans aucun effort plusieurs kilos suite à cette séance …
Point d’intérêt de cette PsyStory : Sachez que l’on retrouve tout, absolument tout, même ce qui s’est passé bébé parce que le corps lui se souvient. Donc même si les souvenirs (visuels clairs) ne reviennent pas, la conscience des faits est là et elle suffit à soigner les blessures. Heureusement, sinon nous ne pourrions pas soigner nos blessures liées à des événements de la toute petite enfance… Alors que c’est le cas !
Bien sûr ceci est un résumé rapide de la séance pour que la compréhension du mécanisme qui nous intéresse soit plus claire.