Pourquoi je me sens coupable d'exister ?
Une dame vient me voir en consultation parce qu’elle se sent mal et elle souhaite que je l’aide à se sentir bien.
- Quand vous dites que vous vous sentez mal, vous sentez quoi comme émotion ?
- De la peur tout le temps et beaucoup de tristesse.
- Ok et pour que vous vous sentiez bien vous voulez faire quoi de cette peur et de cette tristesse ?
- On les enlève si c’est possible.
- Bien sûr que c’est possible, on commence par laquelle ?
- La tristesse.
Elle veut de suite me parler de son travail qui se passe mal mais je la coupe :
- Cette tristesse que vous avez à l’intérieur de vous, elle est là depuis que votre travail se passe mal ou elle était au fond de vous avant ?
- Elle est là depuis que je suis petite, j’ai l’impression d’être née avec.
- Ok, donc vous voulez que l’on s’occupe de la tristesse liée à votre travail ou on s’occupe de celle qui est au fond de vous depuis petite ?
- La deuxième.
- Ok. C’est la tristesse de quoi ?
- La tristesse que ma mère soit morte à ma naissance, lors de l’accouchement.
On commence à travailler sur la tristesse de la mort de sa maman mais soudain, elle est envahie par une énorme peur. Elle panique complètement, je m’approche d’elle en lui mettant la main sur le bras pour lui faire sentir ma présence, qu’elle est ici et maintenant avec moi, et que si elle veut ne plus être submergée par sa peur, je l’invite à verbaliser tout ce qui lui vient à l’esprit. Parce que cette peur vient forcément de quelque part, elle a forcément quelque chose à lui dire. Elle verbalise :
« Je vois les murs de ma chambre de bébé, les barreaux de mon lit, je sens la présence de ma grande sœur à côté de moi, elle me prend dans ses bras, me berce ». Physiquement elle commence à ne plus pouvoir respirer. Je l’invite à continuer de verbaliser car le corps ne raconte pas qu’avec des images mais aussi avec des sensations.
« Je ne peux plus respirer, elle me serre, je l’entends pleurer, elle me serre tellement fort que je manque d’air, je crois que je vais mourir, je sens beaucoup d’amour et en même temps je sens qu’elle est en colère contre moi, en colère contre moi d’être née, de lui avoir enlevé sa maman. Je l’entends pleurer, je sens que c’est de ma faute. Et d’un seul coup je sens qu’elle me relâche, j’entends « Je suis désolée, je suis désolée », je l’entends qui pleure encore mais je peux enfin respirer. Tout le corps de la dame se calme petit à petit même si elle est complètement chamboulée.
On travaille pour dire au petit bébé que rien n’est de sa faute : ni la mort de sa maman, ni la tristesse, ni la colère, ni le comportement de sa sœur.
A la fin de cette séance la dame a dû attendre 15 minutes pour se remettre de ses émotions avant de pouvoir partir. Cela fut une séance très très éprouvante pour elle. Mais elle avait enfin compris d’où venait cette sensation d’être coupable d’exister qui l’avait suivie toute sa vie et dont elle se sentait à présent libérée.
Morale de cette PsyStory : il est souvent très intéressant de ne pas laisser parler les gens de leurs problèmes au présent pour se focaliser sur la libération d’émotions profondes ou de croyances négatives liées à leur passé. Car cette libération entraîne la résolution de la plupart de leurs problèmes au présent. En effet : imaginez-vous tous les problèmes que cela peut engendrer de se sentir coupable d’exister… (Au travail comme dans toutes les autres sphères de la vie). En allant à la source de cette croyance, on la DÉRACINE, ainsi elle ne pollue plus le présent, d’où l’intérêt de ne pas laisser cette dame me parler de son travail …
Je travaille de cette manière parce que les gens sont satisfaits des résultats mais ce style de méthode ne parlera pas à tout le monde.
Bien sûr ceci est un résumé rapide de la séance pour que la compréhension du mécanisme qui nous intéresse soit plus claire.