« Ma fille souffre de phobie scolaire »
Des parents m’amènent leur fille en consultation parce qu’elle souffre de « phobie scolaire » (ce sont leurs mots). En effet elle ne veut plus du tout aller à l’école.
- « Pourquoi tu ne veux plus aller à l’école ?
- Je n’arrive pas à travailler et la maîtresse n’est pas contente et après j’ai des mauvaises notes.
- Et il se passe quoi quand tu as des mauvaises notes ?
- Maman s’énerve. »
Je demande à la maman pourquoi est-ce important pour elle que sa fille ait de mauvaises notes.
- « Pour que les autres enfants ne se moquent pas d’elle. »
Réponse qui attire mon attention de thérapeute puisqu’il est curieux que la raison principale pour laquelle la maman souhaite que sa fille ait de bonnes notes soit d’éviter les moqueries des autres. Il y a de grandes chances pour que les moqueries des autres enfants viennent réveiller une blessure émotionnelle non soignée de la maman.
Je demande comment se passent les devoirs à la maison.
- « Maman s’énerve, elle me crie dessus
- Oui c’est vrai je m’énerve. »
Je lui demande : « quels sont les effets sur votre fille ? »
- « Elle se braque. »
La maman se rend compte qu’elle met une grosse pression à sa fille pour qu’elle ait de bonnes notes, que cela a de nombreuses conséquences : cette dernière se bloque pour les devoirs, elle panique à l’idée d’avoir de mauvaises notes. Se rajoute à cela l’énervement de la maîtresse. A la lumière de ces découvertes, le rejet de l’école, autrement dit « la phobie scolaire » prend tout son sens.
Les actions de la maman partent d’une bonne intention : protéger sa fille des moqueries des autres enfants dont elle-même a souffert étant petite. Mais, pousser sa fille a l’effet inverse de ce qu’elle recherche : que sa fille se sente bien. Avec ces prises de conscience : elle relâcha la pression.
La maman, en ne voulant pas, que se reproduise ce dont elle avait souffert (les moqueries), pousse sa fille vers une autre souffrance (la pression, la panique des mauvaises notes, le mal être à l’école).
Point d’intérêt n°1 de cette PsyStory : une blessure non soignée dans l’enfance du parent a de grandes chances d’avoir des effets néfastes à la génération suivante même si le parent fait justement tout pour éviter une reproduction.
Point d’intérêt n°2 de cette Psystory : la phobie scolaire est un terme général. Il sera intéressant en tant que thérapeute de se détacher de ce terme pour comprendre quelle peur, quelle souffrance se cache derrière.
Point d’intérêt n°3 de cette PsyStory : il arrive souvent que concernant les problèmes liés à l’école, malgré les apparences, la source du problème soit ailleurs.
Bien sûr ceci est un résumé rapide de la séance pour que la compréhension du mécanisme qui nous intéresse soit plus claire.