Psy Story #24 :

Quand une « petite » prise de conscience permet un grand changement

A propos de leur travail en thérapie, les gens disent parfois : « j'avais conscience d'avoir vécu telle chose mais la thérapie m'a permis d'y porter un nouveau regard. »

Voici un exemple : (pour plus de clarté nous allons parler à la première personne).
- Point de vue avant la thérapie : « Mon père me frappait mais il a fait du mieux qu'il a pu, c’était comme ça à l’époque, lui-même avait reçu cette éducation-là, en plus j'étais un enfant difficile, etc. Ce n'était pas si grave que ça, il y a pire, je ne peux quand même pas lui
mettre sur le dos la responsabilité de mon mal-être d'aujourd'hui et puis j’ai survécu. »
Cette manière de voir les choses m'a été très bénéfique pendant longtemps, elle m'a
permis d'avancer, de ne pas me morfondre, etc. Mais elle m'empêchait de me libérer
totalement. Pourquoi ? Parce que je ne voyais ni le problème du comportement de mon
père, ni les conséquences que cela avait sur mon présent : par exemple ma tendance à
culpabiliser dès que quelqu'un était furieux. Je me disais systématiquement que ce
devait être moi le problème parce que je portais inconsciemment la culpabilité du
comportement de mon père pour ne pas le rendre responsable lui de ses propres
comportements. Mais pour me libérer de mon passé il m'a fallu regarder chaque
événement sans le minimiser (ni le dramatiser : à sa juste intensité). Il m'a fallu remettre
la responsabilité à la bonne place : non pas sur mes épaules d'« enfant difficile » mais sur
les épaules de l'adulte de la situation : mon père.

- Point de vue après la thérapie : « Mon père me frappait. Même si c’était la norme à
l'époque ce n'était pas normal et il aurait pu faire autrement puisque certains parents de
cette même époque ont choisi de ne pas frapper. Je ne souhaite pas le reproduire sur
mes enfants. Cela montre que j’en ai souffert, que ce n'était pas rien. Le fait que j'étais
un enfant difficile ne justifie pas la violence qu'il m'a fait subir. A la place de me frapper,
il aurait pu essayer de comprendre ce que je ressentais, j'aurais tellement aimé. Parce
qu'en fait j'étais un enfant difficile parce que je manquais de son affection, de sa
reconnaissance. Avec ses coups, il ne faisait qu'accentuer mon mal-être. De me rendre
compte que je n'étais pas coupable puisque je ne le méritais pas et qu'il n'avait pas à
faire ça, m'a permis de me libérer du poids d'un sentiment général de culpabilité. Cette culpabilité datant de mon enfance me faisait me sentir coupable pour un oui pour un non dans ma vie au présent. Maintenant quand quelqu'un ne m'aime pas, me critique ou autre : je ne me sens plus coupable. Mon père, après m'avoir frappé, me disait que je l'avais bien cherché.
Aujourd'hui, je sais que je ne le méritais pas contrairement à ce qu'il a essayé de me faire
croire. Grâce à cette prise de conscience, mon cerveau sait maintenant que je ne suis pas
coupable de la colère des autres au présent. Ce nouveau point de vue sur mon enfance
n’a pas pour but de juger mon père ou de l’accuser, juste d’enlever de mon cœur de petit
garçon la croyance que c’était moi le problème ; que j'étais nul d'avoir souffert de ce
comportement « si anodin » et que je n'étais pas assez bien pour qu'il me dise « je suis
fier de toi ». Imaginez tout ce que cela change dans ma vie …

Merci à toutes les personnes ayant accepté que je partage un bout de leur histoire.

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