Psy Story #38 :

« Ne soyez pas désolée de pleurer. »

Cette PsyStory est un peu spéciale puisqu’elle relate un premier coup de téléphone d’une dame qui m’appelle pour prendre rendez-vous. Faute de place, je n’ai malheureusement pas pu la recevoir mais nous avons échangé 5 minutes et je souhaitais vous retranscrire quelques phrases de cet échange :
- « Je ne vais pas bien, j’ai besoin d’aide. » (Elle commence à pleurer) et dit « Je suis désolée. »
Je lui réponds : - « Ne soyez pas désolée de pleurer, c’est votre émotion que vous avez dû mettre sous clé depuis des années et qui a besoin de sortir. »
- « Oui je déborde. Je pensais que j’allais être assez forte pour avancer mais non. »
- « Ce n’est pas une question de force, c’est juste que nos émotions ont besoin d’être écoutées, entendues, ressenties par nous, et si à un moment donné nous refusons de le faire, tôt ou tard elles nous submergent. »
- « Vous devez avoir un don parce qu’en 3 minutes j’ai pleuré alors que je n’ai même pas pleuré à l’enterrement de mon fils, je me l’étais interdit. »
- « J’ai juste accueilli votre tristesse, à qui vous aviez demandé de se taire. »
- « Je me sens mieux. »

Je n’ai pas fait grand-chose : c’est comme si je lui avais dit « Tu as le droit de pleurer, ne sois pas désolée de pleurer. » Mais c’est la base dans la relation à nos émotions de les écouter, sinon les choses tournent mal à un moment ou à un autre.

Elle m’a gentiment permis de rendre public notre bref échange, j’en profite donc pour vous transmettre un message. Il s’adresse à tous mais surtout à vous si vous souffrez au fond de vous depuis tellement d’années que vous n’avez plus assez de doigts pour les compter ; si vous serrez les dents pour éviter que ça sorte ; si vous faites taire votre tristesse pour éviter qu’elle sorte comme un geyser peut-être parce que vous ne sauriez pas quoi en faire, parce que vous culpabiliseriez de pleurer ou que vous ne lui trouvez pas de raisons valables ; si vous vous dites que vous allez tenir, que vous êtes fort(e). Le message est le suivant : il est normal que votre tristesse vous rattrape, c’est une émotion, elle a un message à vous délivrer et si vous continuez à ne pas vouloir l’écouter, à ne pas vouloir lui donner la place qu’elle mérite, à ne pas vouloir la ressentir pour ne pas souffrir, elle vous fera souffrir tôt ou tard, vous risquez de la prendre en pleine figure quand elle perdra patience et qu’elle prendra toute la place dans votre quotidien, même celle que vous ne lui donnez pas. Donc juste ARRÊTEZ DE SERRER LES DENTS, LAISSEZ PLEURER MÊME SI C’EST UN OCÉAN, ARRÊTEZ DE VOUS BATTRE PARCE QUE TÔT OU TARD VOUS PERDREZ. Ce n’est pas une preuve de force de serrer les dents pour ne pas écouter ce qui hurle en vous. Ce n’est pas une preuve de faiblesse de vous arrêter pour enfin écouter les émotions qui attendent depuis trop longtemps que vous leur laissiez la parole.
Et pour tous ceux qui croiseront quelqu'un dans leur vie qui s'excuse de pleurer, dites-lui : "Ne t'excuse pas de pleurer, tu as le droit de pleurer."

Merci à toutes les personnes ayant accepté que je partage un bout de leur histoire.

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