“Pourquoi j’ai peur qu’il ne m’aime pas ?”
Une dame vient me voir en consultation parce qu’elle a des difficultés dans son couple : elle a toujours peur que les autres se rendent compte que son conjoint ne l’aime pas. Ce qui selon elle, est une peur complètement “stupide” puisque “mon conjoint est très amoureux et il me le montre tous les jours”. Malgré le fait qu’elle sache que ses peurs sont infondées, elle ne peut pas s’en empêcher : dès qu’ils sont en public, elle lui reproche de ne pas assez lui prêter d’attention, de ne pas être assez proche d’elle. Son conjoint ne comprend pas non plus ces reproches, d’autant plus que dans ces moments-là, c’est elle qui est distante, comme si elle souhaitait le mettre à distance. Elle avoue en effet qu’elle ne va pas vers lui et qu’elle met une distance avec lui quand ils sont en public parce qu’elle a peur qu’il la rejette et que tout le monde se rende compte qu’il ne l’aime pas.
Au cours de sa thérapie elle a enfin pu trouver une logique à son comportement : Elle a retrouvé que, petite, un jour ses parents l’avaient laissée en garde chez un couple de voisins qui se sont révélés être tout, sauf “gentils”. Ils l’ont maltraitée toute la nuit. “Je ressens dans tout mon être leur “méchanceté””. Elle a énormément pleuré lors de cette prise de conscience. “Je ressens leur énergie : comme s’ils se vengeaient sur moi de quelque chose en rapport avec mes parents. Ils m’ont dit “tes parents ne t’aiment pas, la preuve, sinon ils ne t’auraient pas laissée ici toute seule. Comment tu as pu croire qu’ils t’aimaient, tu t’es vue, tu n’es qu’une petite merde.” Ils rigolaient que j’ai pu croire qu’ils m’aimaient, que j’ai pu pensé être aimée. Je me suis sentie tellement humiliée.”
Elle s’est beaucoup libérée avec cette prise de conscience qui expliquait enfin pourquoi, depuis toutes ces années, elle avait eu une si mauvaise estime d’elle-même alors qu’elle avait reçu beaucoup d’amour. En fait petite, elle les avait crus, elle avait cru qu’elle n’était pas digne d’être aimée. À la lumière de son cerveau d’adulte, elle a pu naturellement changer cette croyance qui était restée dans son inconscient, comprendre que ces voisins lui avaient raconté n’importe quoi, que ses parents l’aimaient, qu’elle était digne d’être aimée. Après un gros travail de libération émotionnelle et d’acceptation que cet événement faisait partie de son histoire, elle a enfin pu laisser son conjoint tranquille. Puisque “Je me fiche de ce que les autres peuvent penser de l’amour qu’il me porte, je n’ai besoin de personne pour savoir qu’il est fou de moi.”