Psy Story #81 :

“Je ne veux jamais admettre que j’ai tort. Voici pourquoi.”

Une dame vient me voir en consultation. Elle a découvert en thérapie que sa mère avait été maltraitante avec elle quand elle était toute petite. Dans sa vie quotidienne, elle n’arrive pas à admettre qu’elle a tort, quand elle a tort. Voici l’explication que nous avons trouvée en thérapie (Bien sûr, ceci est un résumé de ce qu’il s’est passé en thérapie, mais les choses ont pris du temps) :
“Petite, j’ai dit à mes copines que maman m'avait fait du mal. Elles ne m'ont pas crue, elles ont rigolé, elles se sont moquées de moi, elles m'ont traitée de menteuse. Du coup, je me suis même demandé si ce que je disais, c’était vrai ou si je l’avais inventé.” Voici le lien avec le fait de ne pas pouvoir s’excuser quand elle a tort : “Si je m'excuse quand j'ai tort, je remets ma parole en question comme si ce que j'avais dit avant, c'était faux.” Le fait que ses copines aient remis sa parole en question, a été tellement douloureux pour elle en tant que petite fille, qu’il lui est insupportable émotionnellement que sa parole soit remise en question. On voit bien la différence entre son cerveau d’adulte et son coeur blessé d’enfant : d’un côté son cerveau d’adulte sait que ce serait juste d’admettre quand elle a tort dans son présent, et d’un autre côté son coeur blessé de petite fille veut à tout prix éviter de ressentir encore une fois que sa parole est mise en doute.
Voici une seconde explication au fait qu’elle n’admette jamais avoir tort : “Si j'admets que j'ai tort de m’être énervée par exemple, cela veut dire que j'admets que ma colère n'est pas légitime, que je n’avais pas une vraie raison de m’énerver.” Nous comprenons ensemble qu’elle a de nombreuses colères en elle, liées à ce qui lui est arrivé enfant. Une colère, pour être libérée, a besoin d’être entendue, comprise et que l’on reconnaisse sa raison d’être. Or, elle sent qu’elle n’a pas encore reconnu tout ce qu’il lui est arrivé enfant, qui justifie la présence de toutes ces colères en elle. Donc ses colères ne se sentent pas encore comprises, entendues, légitimes d’être là. Ce qui a pour conséquence qu’aucune de ses colères (même dans son présent) ne supporte qu’elle dise “excuse-moi de m’être énervée”.

Merci à toutes les personnes ayant accepté que je partage un bout de leur histoire.

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