“Tu es le soleil de ma vie.”
Une dame vient me voir en consultation. Au cours de sa thérapie, émergent deux de ses problématiques : Elle se force toujours pour faire plaisir aux autres et elle a peur d’échouer.
Pendant sa psychothérapie, elle trouve l’explication de ces deux fonctionnements : “Petite, j’avais la responsabilité du bonheur de mon père. Ma mère me disait toujours : “Fais plaisir à papa.” Et je savais que si je ne faisais pas certaines choses, ça allait faire de la peine à mon père. Par exemple, il adorait les échecs, il me faisait faire des compétitions. J’étais meurtrie par l’angoisse d’échouer. Je ne pouvais pas échouer, ça lui aurait fait de la peine. J’ai cru toute ma vie que je n’avais pas le droit de me tromper. Et encore au présent je traîne cette peur d’échouer, qui, heureusement, diminue petit à petit avec le travail de thérapie que l’on fait ensemble. En fait, j’ai vécu avec une pression monstre toute ma vie. C’est beaucoup trop lourd et trop fatiguant à porter. En plus, il me disait que j’étais le soleil de sa vie. Quand tu es le soleil de quelqu’un, si tu ne rayonnes pas, l’autre s’éteint. J’avais la charge de rendre heureux mon père. Je sentais que les seuls moments où il était vraiment heureux, c’est quand il était avec moi. Donc je ne pouvais pas pleurer ou ne pas être bien, sinon il allait s’inquiéter. J’ai été empêchée d’être moi. Je me suis empêchée de pleurer toute mon enfance. Parce que quand on pleure, on ne brille pas (comme un soleil). C’est trop lourd d’être le soleil de quelqu’un. J’ai porté ce poids toute ma vie. Je ne supportais pas qu’il ne soit pas bien. Donc quand je le voyais taciturne, je faisais la folle, il fallait que je sois allumée, non pas éteinte. Je m’empêchais de ne pas aller bien.
Je me suis toujours forcée à faire des choses que je n’avais pas envie de faire pour lui faire plaisir, pour qu’il soit heureux. Et j’ai continué dans ma vie d’adulte à toujours me forcer à faire des choses pour faire plaisir à tout le monde. Je suis vraiment fatiguée.”
Point d’intérêt n°1 de cette PsyStory : En tant que parents : Si vous ne souhaitez pas que vos enfants se sentent obligés de vous rendre heureux, parce qu’ils sentent que vous ne l’êtes pas profondément, allez soigner vos blessures émotionnelles.
Point d’intérêt n°2 de cette PsyStory : N’invitez pas vos enfants à se forcer à faire des choses, cela va leur faire prendre l’habitude de ne pas s’écouter. Et forcez-les encore moins à faire des choses pour vous faire plaisir, parce que cela les emprisonne dans un fonctionnement dans lequel ils vont s’oublier pour faire plaisir aux autres et où ils risquent de ne pas être heureux.