“ Moi je ne nage pas dans le bonheur, mais dans la tristesse.”
Je vous livre ce message d’espoir d’une consultante, d’une petite fille devenue grande, qui a été soigner ses blessures d’enfance.
“Je nage dans un océan de tristesse depuis que je suis petite. D’ailleurs “mélancolie” c’est mon deuxième prénom. Mais ne vous inquiétez pas, tout est bien caché derrière un masque social. Avant, chaque seconde que je passais inactive me plongeait dans une profonde “dépression”. Je baigne tellement dans un océan de tristesse depuis que je suis petite que je n’avais même pas vu que c’était de la tristesse. Elle s’était transformée en une sensation permanente de lourdeur, de poids, de pesanteur, sensation à laquelle je m’étais habituée ; sensation accompagnée d’une boule au ventre permanente que je croyais normale. On pourrait dire que je suis championne de natation en eaux tristes. Mais cette tristesse a toujours été en sourdine au fond de moi, comme installée dans mes profondeurs, ne trouvant aucune raison à sa présence en surface. Heureusement, je n’ai pas fini aux jeux olympiques de natation “dépressive”. Après que je me suis rendue compte que le dimanche, quand je ne faisais rien, je me mettais à pleurer sans savoir pourquoi, j’ai voulu comprendre. Je sentais qu’au fond de moi il y avait LA lumière, une joie infinie et que pour la retrouver, il fallait que je sache d’où venait ma tristesse, pour qu’elle puisse partir. Cette certitude ne m’a jamais quittée. Cela a été un très long parcours, très difficile, semé d’embûche, de thérapeutes qui ne m’écoutaient pas, qui n’entendaient pas ma tristesse profonde, qui ne voulaient pas l’entendre, qui lui demandaient même parfois de se taire avec des phrases du genre “Souriez cela va créer une réaction chimique dans votre cerveau qui va vous faire vous sentir bien.” Ou "Arrêtez de dire que vous êtes triste, cela amplifie la tristesse.” Des thérapeutes qui me demandaient de me mentir, d’empêcher le fond de moi de s’exprimer. Mais moi je voulais comprendre, tout sortir, tout entendre. Tout mon être n’avait qu’un seul but, qu’une seule route : comprendre, savoir, entendre ce qui hurlait au fond de moi pour enfin décrypter le message. Petit à petit puis plus rapidement, j’ai pu comprendre une à une toutes les causes cachées de ma tristesse. Causes qui se trouvaient cachées dans les recoins les plus sombres de mon enfance (que je croyais si claire), des raisons que je n’aurais jamais soupçonnées, des raisons indicibles pour la petite fille que j’étais parce que trop violentes pour le corps et le coeur. Mais à force de persévérance, car je n’ai jamais lâché ma quête, j’y arrive enfin, à me reconnecter à la joie profonde qui est au fond de moi. Je souhaite à tout le monde de se reconnecter à lui-même pour pouvoir vivre en paix.”