"Voilà pourquoi je ne supporte pas la sensation de chute libre."
Dans les 3 prochaines PsyStorys, je vais vous raconter l’histoire d’une dame qui a été trahie par son père quand elle était petite. Elle n’avait gardé absolument aucune conscience de ces événements, elle les avait totalement effacés de sa mémoire. Cependant elle avait toujours senti une énorme colère contre son père, colère qu’elle n’avait jamais comprise jusqu’à ce qu’elle fasse un travail sur elle et que tout devienne logique. La trahison par son père est la raison de sa colère et la voici : il l’a amenée dans un réseau pédophile, pour pouvoir, de son côté, profiter d’autres enfants. En échange de quoi, d’autres hommes allaient pouvoir profiter de sa fille. La prise de conscience de cette horreur a été d’une extrême difficulté pour elle puisqu’elle n’avait gardé aucun souvenir de cette histoire et qu’elle pensait avoir un père “normal” avant toutes ces découvertes.
“Au moment où j’ai compris qu’il allait me laisser avec ces hommes, alors qu’il savait très bien qu’ils allaient me faire du mal, je me suis sentie chuter. Je n’avais plus rien à quoi me raccrocher. Exactement la même sensation que quand on tombe dans le vide et que le cœur se soulève. Je comprends pourquoi je déteste tant cette sensation que l’on a en sautant d’un plongeoir ou dans les manèges à sensation, c’est exactement la même sensation. Mon repère était tombé, je ne pouvais plus m’appuyer sur rien. Plus rien n’avait de sens, j’étais perdue, je ne savais plus à quoi me raccrocher, ni ce sur quoi je pouvais compter. Si mon papa en qui j’avais confiance me faisait ça, alors sur qui j’allais pouvoir compter ? Qu’est-ce qui était vrai dans la vie ? Qu’est-ce qui était faux ? Qu’est-ce que je devais croire ? Je comprends aussi pourquoi j’ai une forme de rigidité avec les mots. Pour moi, les mots sont très importants. Je ne supporte pas que les gens disent des choses dans le vent et c’est parce que je veux pouvoir compter sur ce que mes proches disent, je veux savoir ce que je peux croire, je veux avoir quelque chose sur quoi m’appuyer, sinon je suis perdue, déboussolée, désorientée et mon cerveau évite cette sensation.”
Encore une fois nous pouvons voir que le cerveau déteste et fuit au présent ce qui lui rappelle des traumatismes passés non soignés.