"Voici pourquoi je suis blasée".
La 1ère partie de cette PsyStory est à retrouver dans les publications de la semaine dernière, c’est la PsyStory 103 partie 1.
“Quand j’avais 3-4 ans, mon grand-père a broyé dans sa main des bébés lapins de quelques jours pour me montrer que non seulement il avait le pouvoir de vie ou de mort sur moi et sur les êtres qui nous entouraient, mais qu’il avait aussi le pouvoir de vie ou de mort sur ce qu’il y avait à l’intérieur de moi : sur ma capacité d’émerveillement, sur ma capacité à trouver quelque chose de beau, de mignon. Je les trouvais vraiment mignons ces bébés lapins. Qu’il les tue avec autant de cruauté et de violence gratuite, ça a éteint quelque chose en moi. Ce jour-là j’ai appris que c’était trop risqué de trouver que quelque chose était beau, parce que si je trouve quelque chose de beau, quelqu’un pourrait vouloir lui faire du mal justement parce que je le trouve beau. Donc ce que je trouve beau a plus de chance de disparaître dans d’atroces souffrances, d’être broyé, que ce que je ne trouve pas beau. Et il y a un risque aussi pour moi, de trouver quelque chose de beau, parce que ça a été vraiment dur à ce moment-là de voir mourir à l’intérieur de moi ce qui faisait de moi une enfant : Le fait que je puisse être complètement émerveillée, le fait que ma journée puisse être remplie d’amour juste parce que j’ai vu un bébé lapin. J’avais accès à ça avant mais en fait ce n’est pas une bonne idée, ni pour moi ni pour les bébés lapins, ni pour ce qu’il y a de beau dans ce monde. Là c’était pour les bébés lapins mais ça fonctionnerait pour tout ce que je trouve mignon.”
Cette partie des prises de conscience a permis à cette consultante de comprendre pourquoi elle avait été blasée toute sa vie d’adulte, pourquoi rien ne l’émerveillait, pourquoi rien ne l’enthousiasmait. Ces proches lui disaient qu’elle avait un cœur froid alors qu’en réalité, elle avait eu un cœur tellement chaud enfant, que son grand-père s’en était servi pour la “brûler”.