Psy Story #113 Partie 1 :

"Pourquoi je me lève 3 fois par nuit pour faire pipi ?"

Une dame vient me voir en consultation. Elle fait un profond travail thérapeutique sur elle et lors d’une séance, elle décide de travailler sur le fait qu’elle se lève 3 fois par nuit pour aller faire pipi, ce qui perturbe notablement son sommeil. Elle sent que ce phénomène est en lien avec ce qu’elle a vécu enfant, à savoir des maltraitances diverses et variées (notamment des viols répétés, par son père la nuit), maltraitances qu’elle avait entièrement occultées. Dans cette PsyStory, je vous expose quelques unes des raisons profondes de ses réveils nocturnes, les autres raisons vous seront présentées dans les 2 prochaines PsyStorys.
“Avoir envie d’aller faire pipi la nuit, c’est comme si mon corps utilisait cette sensation pour me dire que j’existe. C’est une sensation corporelle et si j’ai une sensation corporelle, ça veut bien dire que je sens mon corps, donc que je suis bien là, présente à moi-même, et donc que je ne suis pas en train d’être agressée. Puisqu’aux moments où j’étais agressée, je n’étais plus dans mon corps, je ne sentais plus mon corps, je n’étais plus là.”
Dans ces quelques phrases, c’est la dissociation qui est décrite : quand les gens subissent des choses trop violentes (comme des viols), ils se coupent de toutes leurs sensations corporelles pour ne pas souffrir, ils ne sentent plus leur corps, ils ont la sensation d’être là sans être là. Ils peuvent aussi avoir une sensation de flottement et d’irréalité.
“Donc si je sens mon corps (grâce à l’envie de faire pipi), c’est la preuve pour moi qu’à ce moment-là, je ne suis pas en train d’être agressée. Cela me permettait de me sentir “tranquille” pendant quelques instants. Les agressions que je subissais étaient tellement intenses et fréquentes que parfois je ne savais même plus si j’existais ou si je pensais que j’existais mais qu’en fait j’étais morte. Vous vous rendez compte, mes repères étaient tellement détruits que j’avais besoin qu’une envie de faire pipi me prouve que je n’étais pas morte, que j’étais bien là et que je n’étais pas en train d’être agressée.”
Nous pouvons voir dans ces propos comment des agressions peuvent flouter la conscience de soi, car la violence ressentie par la victime est telle, qu’instinctivement elle est éloignée de son corps, et la conscience de son existence se floute pour pouvoir supporter l’insupportable.

Merci à toutes les personnes ayant accepté que je partage un bout de leur histoire.

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