"Voici pourquoi je ne supporte pas le désordre."
Une dame vient me voir en consultation parce qu’elle sent que ses réactions sont disproportionnées quand il y a du bazar dans sa maison. Cela l’embête parce que dans ces moments-là elle se sent submergée et ne peut s’empêcher de crier sur ses enfants pour qu’ils rangent tous leurs jouets, qu’ils ont laissés traîner partout. Durant son travail thérapeutique, elle a découvert qu’elle avait été maltraitée bébé juste après sa naissance : à la maternité, des soignants malveillants lui ont mis la main sur la bouche pour l’empêcher de crier. Voici le lien entre cette maltraitance et sa réaction émotionnelle au présent quand il y a trop de désordre chez elle : “Quand tout est en désordre, quand il y a trop de jouets partout, je me sens submergée, je me dis qu’il y en a trop, que l’on ne va pas y arriver, comme si j’étais dans un scaphandre et que l’eau montait et que j’allais bientôt manquer d’air, ne plus pouvoir respirer. D’ailleurs quand il y a trop de jouets partout je sens que ça bloque au niveau de ma respiration. Quand ils avaient la main sur ma bouche quand j’étais bébé, je me sentais submergée, je manquais d’air, j’avais du mal à respirer, je ne voyais pas de solution avec cette main qui ne partait pas. Je criais, je criais, je n’arrêtais pas de crier parce que tant que je criais, je sentais mon air qui sortait par ma bouche et cela me rassurait parce que ça voulait dire qu’il me restait encore de l’air. C’est donc pour ça que même si je sais que ça ne sert à rien, je ne peux pas m’empêcher de crier sur mes enfants dans ces moments-là. D’ailleurs maintenant que j’en parle, je me rends compte que quand je crie sur mes enfants pour qu’ils rangent, j’agite mes mains sur les côtés exactement comme le ferait un bébé.” La consultante en question fait aussi facilement le lien entre ses sensations présentes et passées parce qu’elle a l’habitude de travailler avec moi et qu’elle sait que ses réactions disproportionnées au présent, lui parle de ses blessures passées non soignées. Elle a déjà vu de très nombreuses de ses réactions du présent, disparaître après avoir soigné la blessure qui se cachait derrière.