“Voici pourquoi je me dis que c’est toujours de ma faute.”
Une jeune femme vient me voir en consultation. Lors d’une séance, elle évoque le fait que dès qu’elle a un différend avec quelqu’un, elle prend toujours 50% de la responsabilité. Ce qui pourrait sembler, dans l’absolu, un bon réflexe pour se remettre en question. Mais la concernant, ces 50% de responsabilités ne sont la plupart du temps pas justes, puisqu’elle prend par exemple sur ses épaules 50% de responsabilité concernant le viol qu’elle a subi de la part de son père. A ce sujet, elle dit “Je sais bien que ce n’est pas de ma faute mais c'est comme ça, j’ai toujours fait ça pour tout, je prends 50% de la responsabilité”. Nous découvrons en séance que c’est un fonctionnement qu’elle a mis en place petite via le processus suivant : “A chaque fois que j’étais en colère petite et que j’osais l’exprimer, cela se retournait contre moi parce que mes parents me lisaient mes fautes. Ils me rabaissaient, me faisaient comprendre que si l’on n’est pas parfaite, on ne peut rien dire (ce qui, soit dit en passant, est un moyen ingénieux pour empêcher les enfants de dire quoi que ce soit puisque personne n’est parfait). Je me sentais encore plus mal qu’avant d’avoir exprimer ma colère. Au final j’étais perdante quand j’osais exprimer mon désaccord, ma colère.” Il lui a donc fallu dès petite, trouver des stratagèmes pour être moins en colère contre les autres puisque l’exprimer n’avait que des effets encore plus négatifs pour elle. Le moyen qu’elle a trouvé c’est de prendre des responsabilités qui ne lui revenaient pas. Puisque si c’est elle qui est responsable, naturellement elle est moins en colère contre l’autre et ne prend pas le risque d’être rabaissée en l’exprimant.