“Voici comment suis-je devenue droguée à l’adrénaline.”
Beaucoup d’adultes se disent “drogués à l’adrénaline”. Ils le disent souvent avec amusement, comme si cela correspondait à quelque chose de “fun”. Il faut savoir qu’aucun bébé ne naît pas en étant drogué à l’adrénaline, sauf s’il a vécu un stress intense dans le ventre de sa maman ou que celle-ci se droguait (etc.). Un être humain n’est pas drogué à l’adrénaline sans raison, sans avoir été exposé à cette drogue. Un adulte ne se dirige pas par hasard vers des sports extrêmes. Un homme en paix au fond de lui, n’a pas besoin de “sensations fortes”, issues de situations extrêmes, pour être heureux. Un homme en paix vit des sensations fortes au quotidien, parce qu’il est ultra connecté à la vie, à ce qui se passe en lui, à la richesse de son monde intérieur, etc. Un homme en paix au fond de lui, ne s’ennuie pas dans une vie paisible.
Bref, voici l’exemple d’une adulte, qui s’est rendue compte qu’elle était droguée à l’adrénaline et du pourquoi de son addiction. Dans son cas, cela ne s’exprimait pas par la pratique d’un sport extrême, mais plus simplement par exemple par le fait de toujours se mettre en retard même quand elle a le temps : en faisant des choses inutiles à la dernière minute pour ensuite courir et atteindre cette sensation de stress intense dans les minutes juste avant ses rdv. Il existe dans sa vie de multiples façons d’atteindre un stress, stress derrière lequel se cache une dose d’adrénaline. Par exemple en faisant 10 000 trucs en même temps, etc.
L’origine d’une addiction à l’adrénaline correspond aux premières fois où l’humain en question a reçu ses premières doses. Le cerveau, devenu dépendant à cette drogue, va ensuite, rechercher des doses d’adrénaline par le biais de différents fonctionnements, souvent reconnus, à tort, comme des fonctionnements banaux, normaux et innés chez des gens un peu désorganisés, etc. Cette recherche d’adrénaline se fait la plupart du temps de manière inconsciente et involontaire. En tous cas, ces fonctionnements sont tout sauf tombés du ciel ou venant du caractère inné des gens.
Voici l’origine de l’addiction à l’adrénaline de la jeune femme dont je vous parle, l’origine de sa recherche involontaire de petits stress quotidiens :
“J'ai grandi dans le stress pendant toute mon enfance. Mon stress était constant à cause des sautes d’humeur de mon père. Il pouvait être violent quand quelque chose l’énervait. C'était le pic de stress jusqu'à la dernière minute, avant qu’il rentre à la maison. Il fallait veiller à ce que tout soit en ordre pour que rien ne dépasse au moment où il arrive. C'est moi qui gérais ça, je faisais le tour de toutes les pièces de la maison pour voir si quelque chose dépassait d’un placard ou autre, car mon père était très maniaque. C'était le gros stress parce qu'en plus, on ne savait pas à quelle heure pile, il arrivait. C'était le stress croissant jusqu'à ce qu'il arrive, en attendant de voir dans quelle humeur il était. Il fallait faire attention à tout, pour qu'il n'ait pas de raison de s'énerver. Il fallait voir ce que faisaient ma mère et mes frères, voir si dans leurs comportements il n'y avait pas quelque chose qui allait énerver mon père. Je vérifiais tout, je faisais plein de choses en même temps. Par exemple je vérifiais qu’il n’y ait pas un seul pli sur le canapé pour ne pas qu'il voit que l'on s'était assis dessus. Il fallait que tout soit bien lisse, bien propre, bien rangé. Petite, j’ai passé mon temps à être stressée, j'étais sous adrénaline en permanence. On ne se détendait pas. Même quand je n'étais pas là, que je dormais chez une copine, je n'étais pas sereine, j'étais préoccupée par ce qu'il se passait chez moi. J’étais stressée par comment j'allais retrouver ma famille, “est-ce que j’allais les retrouver tous morts ?”. Je ne pouvais pas être tranquille.”