Psy Story #141 :

"Un exemple de communication folle/toxique”

“Un jour, alors que j’étais déjà grande, mon père m’a dit “Si tu n'avais pas été là, ta mère serait morte.”.”
La jeune femme qui parle a, toute son enfance, tenté de calmer les violences de son père contre sa mère. Elle a passé son temps à calmer sa colère pour protéger sa mère et qu’elle ne meurt pas sous les coups de son père. Et ce dernier lui dit, des années après, cette phrase, en la présentant comme quelque chose de positif : “Si tu n'avais pas été là, ta mère serait morte.”
“Petite, d’avoir ce rôle de sauveuse, c’était valorisant, ça montrait comment j'étais importante, indispensable, que j'ai compté pour quelque chose d'important. Je pensais même “heureusement que je suis là pour éviter que ma mère ne se fasse tuer.” C’est une des seules choses qui me faisaient sentir que j’avais de la valeur. Mais en repensant à cette phrase de mon père, je suis triste que l'on puisse dire ça à un enfant. Quand mon père me dit cette phrase, il ne reconnaît pas la culpabilité qu'il a de m’avoir fait grandir dans un environnement violent, il ne s'inquiète pas des sentiments que ça a pu générer chez sa fille. Il dit à demi-mot l’horreur, sans la reconnaître, sans en être responsable, et en la présentant de manière positive en valorisant une responsabilité que je n'aurais jamais dû avoir et qui m'a fait vivre l'horreur : celle d’être responsable de la vie ou de la mort de ma mère. Il a dit ça de manière positive, c’était comme pour garder un lien entre nous, un lien père/fille : “Grâce à toi je ne suis pas un meurtrier.””
Cette phrase du père, est un exemple caractéristique d’une communication toxique, d’une communication parentale qui peut construire un enfant de travers. Il y a tellement de sous-entendus dans cette phrase, tellement d’implications. Elle présente l’enfer vécu par cette petite fille comme quelque chose de positif, elle met tout à l’envers. La plupart des enfants ayant vécu dans des familles dans lesquelles cette communication était de mise n’en ont souvent pas conscience. La psychothérapie peut aider le cerveau à sortir de cette toile d’araignée en décortiquant (comme cela a été fait dans cette séance) la communication et ce qu’elle implique implicitement, pour remettre les choses à l’endroit.

Merci à toutes les personnes ayant accepté que je partage un bout de leur histoire.

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