“Elle avait tout oublié” Partie 1
(Attention, ces propos peuvent choquer)
Ce que cette femme raconte en thérapie, ce que sa mémoire lui révèle, peut être TOUT, sauf un faux-souvenir, comme vous allez pouvoir le constater. Elle aussi, comme tant d’autres, avait ABSOLUMENT TOUT OCCULTÉ. Elle pensait avoir eu une enfance heureuse, mais vraiment ! Et une famille aimante, mais vraiment ! C’est incroyable ce que le cerveau arrive à cacher pour pouvoir survivre en tant qu’enfant. Le problème c’est que de très nombreux adultes vivent dans le mensonge d’une enfance heureuse même si plein de choses déraillent dans leur vie.
“Mon grand-père m’a fait croire que c’était de ma faute s’il tuait des bébés lapins. Il les a écrasés dans sa main. Son geste avait une valeur symbolique, ça voulait dire qu’il avait le pouvoir de vie ou de mort sur ce qu'il y avait à l'intérieur de moi : ma capacité d'émerveillement. Ce jour-là, il a fait disparaître la mignonnerie dans le monde. J'ai appris que c'était risqué de trouver quelque chose de beau. Parce que ce que je trouve beau risque plus d'être broyé que les autres choses. C'était triste de voir mourir à l'intérieur de moi ce qui faisait de moi une enfant. C'était le peu qui me restait pour m'émerveiller. J'avais 3/4 ans. A ce moment-là j'ai compris que je n'étais pas la seule à être en danger, que je portais la responsabilité d'autres. Les choses qui sont proches de moi sont aussi en danger, si j'aime qu'elles existent. “Si j'aime que tu existes, alors tu es en danger.” Il a tué les bébés lapins pour me montrer qu'il avait le pouvoir de vie ou de mort sur tout ce que j'aime. Ça me rend responsable de leur mort puisqu'ils sont morts parce que moi je les aime. Je me suis éteinte petit à petit, ça a été une accumulation de tout ce que j'ai vécu. Il m'a bien montré avec quelle facilité il pouvait les tuer. C'était fait sans aucun effort. J'ai eu peur pour ma vie. Rien ne l'arrête. J'ai compris que rien ne l'aurait empêché de me tuer donc il fallait que je m'arrange pour qu'il n'en ait pas envie. Parce que s’il en a envie, pouf ! Je suis morte. C'est aussi simple que ça. C'est de ma faute si ces bébés lapins sont morts parce que je n'ai pas mis de cœur à lécher l'anus de mon frère comme il me l’avait imposé. Ça m'a appris à mettre plus de volonté quand il m'obligeait à faire des choses avec d'autres enfants.”