Psy Story #144 :

“Elle avait tout oublié” Part 3
(Attention, certains propos peuvent choquer)

Malgré ce que certains peuvent penser, un être humain peut totalement effacer de sa mémoire des années entières de sa vie, notamment des années d’enfance, parsemées d’horreurs subies. C’est le cas de cette femme qui m’a autorisée à vous partager un bout de son histoire. La question intéressante à vous poser après cette lecture : Comment voulez-vous être heureuse/x adulte avec une telle histoire d’enfance (non libérée) ? C’est compliqué, voire impossible parce que la vie sera jonchée de stress, d’angoisse, de peurs incontrôlées/incompréhensibles, d’hypersensibilité, etc. et c’est logique. Ce sera une vie passée à culpabiliser parce que l’on s’en veut, on ne comprend pas pourquoi on est comme ça. La réalité c’est que l’on est devenu comme ça, on ne l’était pas. Mais sans conscience des événements à l’origine de ces peurs, on ne peut pas s’en sortir. Le travail de libération de toutes ces peurs, qui envahissent la vie de nombreux adultes, passe donc par le dur chemin de recherche de ces événements bien réels et bien réellement effrayants qui en sont à l’origine, puisqu’un humain n’invente pas ses peurs, elles viennent d’événements concrets.

Dans la plupart des cas, les souvenirs enfouis remontent ainsi : le consultant part d’une sensation qu’il verbalise, puis le reste vient s’il se laisse aller à parler sans réfléchir : “J'ai peur, il va se passer un truc. Je surveille mais je ne sais pas ce que je surveille, je suis prête à courir. Partir au moment du top départ, c'est vital. Il y a quelqu'un après moi. C'est dans la nature. Je m'arrête de courir pour entendre. J'essaie de calmer ma respiration pour écouter. Mon grand-père me chasse avec un fusil dans la forêt. Il a tiré pour me faire peur, je suis partie en courant. Je sais que je cours plus vite que lui. Il ne sait pas où je suis. Il crie en sachant que je vais l'entendre : “ça ne sert à rien de te cacher, je vais te retrouver”. Il ne veut pas que je sorte de ma cachette parce que sinon le jeu s'arrête. J'arrive à la limite de la forêt, je longe l'extérieur de la forêt. Je suis rentrée à la ferme à pied et je suis allée me cacher dans une des dépendances. Il est resté un moment à me chercher dans la forêt. Même quand il n’est pas là, même quand il n’est pas dans mon champ de vision, je ne suis même pas en sécurité, puisque je peux mourir. Quelqu’un peut me tuer en étant (visiblement pas là) à distance : il peut tirer. J’ai pris conscience de ça ce jour-là. Ça a augmenté mon niveau de peur d’un niveau. Parce que ça veut dire que je peux mourir par surprise alors que je pense être toute seule. Donc en plus d'avoir peur quand je suis avec quelqu'un, il faut que j'ai peur même quand il n'y a personne. Le concept de sécurité n'existe plus. Du coup j'ai peur tout le temps, avec tout le monde et même avec personne.”
Cette peur non traitée est donc restée à l’intérieur d’elle dans sa vie d’adulte, avec des conséquences catastrophiques et une impossibilité à être sereine au quotidien. Heureusement elle a pu s’en libérer et dire “au revoir” au “caractère” angoissé grâce à son travail en psychothérapie. Parce que quand les liens sont faits entre la peur et ce qui en est VRAIMENT à son origine, et que la blessure émotionnelle est soignée, la peur s’en va.

Merci à toutes les personnes ayant accepté que je partage un bout de leur histoire.

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