Psy Story #42 :

« Elle ne lui a rien fait de mal sinon il ne demanderait pas à retourner chez elle. »

ors de la précédente Psystory, je vous ai présenté une raison qui explique pourquoi un enfant subissant des horreurs peut retourner ou demander à retourner chez son agresseur, comme si les agressions n’avaient pas eu lieu. Voici une seconde raison qui explique cela :
Plus l’agression est violente, plus l’enfant a de chances d’occulter les faits : d’effacer totalement l’événement de sa mémoire. Il est fréquent que l’amnésie soit immédiate. Quelques heures après l’événement, il est oublié, comme si rien ne s’était passé. Dans ce cas, l’enfant ne se souvient pas de ce qu’il a subi d’une fois sur l’autre. Donc il retourne chez son agresseur comme si de rien n’était parce que pour son cerveau conscient, il ne s’est, en effet, rien passé.
Quand je dis « Plus l’agression est violente, plus l’enfant a de chances d’occulter les faits ». Je parle de deux violences :
La première : la violence physique bien sûr, la violence de l’acte (viol) ou autour de l’acte.
La seconde : la violence psychique. Elle se traduit souvent par l’absence totale de sens, par exemple, il est ultra violent pour un enfant que sa grand-mère qu’il adore, qui est tout le temps gentille avec lui et avec tout le monde, par moments change complètement et lui fasse du mal. Cette absence de sens fige son cerveau, le sidère. Or les souvenirs sont stockés grâce au sens que l’on met dessus. Mais quelque chose n’ayant aucun sens ne peut pas être stocké comme un souvenir comme les autres. L’oubli s’opère majoritairement à cause de ce non-sens : « ce n’est pas possible que ma grand-mère si gentille puisse aussi être si « méchante » ». Étant donné que « ce n’est pas possible », l’enfant se dit « j’ai dû rêver, inventer ». Et donc il occulte et retourne chez elle parce « qu’elle ne m’a rien fait et que je l’adore ». Et il n’est pas rare que le cerveau prenne l’habitude de disjoncter à chaque nouvelle agression pour que l’esprit de l’enfant parte ailleurs à chaque fois, qu’il ne reste pas conscient de ce qu’il vit. Cela donne une sensation d’irréalité à l’enfant comme s’il n’était pas en train de vivre ce qu’il est en train de vivre, il est comme anesthésié à ce moment-là. Cela permet au conscient de se mentir en se disant que tout cela n’est pas en train d’arriver, ou d’être oublié peu de temps après les faits. Dans ce cas, il paraît logique que les enfants y retournent comme si de rien n’était.
L’absence de violence physique n’enlève rien à l’horreur de certains actes : elle peut même rajouter du non-sens si certains actes extrêmement destructeurs et/ou malsains sont réalisés sans aucune violence physique et avec le sourire de l’agresseur.
Dans la prochaine PsyStory nous parlerons de nouveau de ce lien entre la gravité des faits et l’oubli.

Merci à toutes les personnes ayant accepté que je partage un bout de leur histoire.

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