« Chéri, j’en ai marre que tu sois toujours dehors avec tes copains ! »
Une femme vient me voir en consultation. Elle a essuyé plusieurs échecs amoureux. Elle est actuellement en couple avec un homme. Elle a des craintes par rapport à cette relation naissante parce qu’elle a souvent fait les mauvais choix de conjoints dans le passé. Elle a peur que son nouveau conjoint (qui a un caractère festif) la laisse toute seule avec leurs enfants si un jour ils en ont ensemble. Dans le présent, il ne la laisse pas seule le soir. Sa peur est donc issue du fait qu’elle se projette dans le futur. Elle remarque qu’elle n’a pas peur qu’il la laisse toute seule, mais bien qu’il la laisse toute seule avec leurs enfants si un jour ils en ont. Depuis déjà un moment en thérapie, elle connaît les mécanismes et sait que le fait d’être laissée seule avec les enfants réveille quelque chose en elle. Il faut savoir que cette femme est depuis plusieurs années en thérapie, qu’elle déterre des choses d’une extrême violence notamment le fait qu’elle a été violée par son père quand elle était encore une petite fille. Nous creusons donc pour trouver ce que cela viendrait rejouer chez elle si son conjoint la laissait toute seule avec leurs enfants. Et ce que nous avons trouvé est pour le moins surprenant :
Elle retrouve une scène durant laquelle son père pleure et lui dit « Je suis désolé (en parlant des violences sexuelles qu’il lui faisait subir), je ne peux pas m’en empêcher, quand je suis tout seul avec toi, c’est plus fort que moi. » Lorsqu’elle raconte les détails de cette scène, elle est totalement submergée par l’émotion et choquée de cette découverte : « En fait il m’a fait croire que quand on était tout seul avec des enfants, on ne pouvait pas s’empêcher de leur faire du mal. Moi en tant que petite fille je l’ai cru, j’ai même été désolée pour lui, tellement il pleurait et tellement il semblait malheureux. J’ai gardé, cachée au fond de mon cœur, cette idée que quand on est tout seul avec les enfants, on ne peut pas s’empêcher de leur faire du mal. » Vient ensuite une ENORME vague émotionnelle et au bout d’un moment elle arrive à dire « En fait dans le fond de moi, ça avait peur que si je reste toute seule avec les enfants, je leur fasse du mal. Alors que je sais que jamais je ne leur ferai du mal. » Avec cette prise de conscience, elle a pu raccrocher son cœur de petite fille qui avait peur de faire du mal aux enfants et son cerveau et coeur d’adulte qui savaient que jamais elle ne leur ferait du mal. Cette prise de conscience lui a permis de diminuer considérablement sa peur que son conjoint la laisse toute seule avec leurs futurs enfants hypothétiques.
Point d’intérêt de cette PsyStory : Il se cache parfois derrière nos peurs des choses qui n’ont rien à voir avec ce dont on a peur au présent.
Ceci est un résumé rapide de la séance pour que la compréhension du mécanisme qui nous intéresse soit plus claire.