« Si vous êtes parano, il y a une bonne raison. »
Une dame vient me voir en consultation. Petite fille et adolescente, elle a toujours eu l’impression que les autres rigolaient d’elle, se moquaient d’elle. Elle se sentait bizarre et parano d’avoir ces impressions. Tout son entourage lui disait qu’elle voyait des problèmes là où il n’y en avait pas. Sa thérapie lui a permis de comprendre qu’elle ne s’inventait pas de problème. Elle s’est rendu compte qu’elle n’était pas « parano », que ces impressions venaient de faits réels et non imaginés. Elle se pensait parano parce qu’elle ne se souvenait pas des faits qui justifiaient ces sensations que l’on se moquait d’elle. Durant sa thérapie, elle a découvert la raison de ces sensations : tout bébé, elle s’était retrouvée en l’absence de sa mère, entourée par un groupe de personnes qui pour « rigoler » l’avait touchée partout pour la faire pleurer et rigolait de ses pleurs. « Pour eux c’était un jeu ». Avec cette découverte, inscrite dans son corps, elle a enfin pu comprendre la logique de ses impressions qu’elle se sentait coupable d’avoir.
Le corps se souvient de tout. Les bébés enregistrent tout, même s’ils ne peuvent pas mettre un sens sur ce qu’ils vivent. En psychothérapie on peut tout retrouver, même ce que les gens ont vécu bébés, pour s’en libérer, notamment via le corps, les sensations corporelles et les émotions qui ressortent intactes et racontent précisément ce que la personne a vécu.
Point d’intérêt de cette PsyStory : ll y a toujours une explication logique à vos pensées, comportements qui vous paraissent illogiques. J’espère que cette conscience vous aidera à ne pas être dans le jugement vis-à-vis de vous-même ou de quelqu’un qui vous semble avoir des idées « bizarres » ou « incompréhensibles » ou qui semble parano. Ces idées « paranos » ne tombent pas du ciel, elles ont une raison d’être, mais souvent dans le passé et non dans le présent en effet. Si vous dites à la personne « tu es folle, parano, personne ne se moque de toi, arrête de t‘inventer des histoires », ce n’est pas l’adulte qui vous entend, c’est l’enfant. Alors que l’enfant avait de très bonnes raisons de sentir que l’on se moquait d’elle puisque c’était le cas. Avec le jugement, l’adulte se sentira mal, incompris et jugé. Alors que ses pensées, idées ont bien une raison d’être dans le passé. Donc écoutez, reformulez et surtout ne jugez pas.