« Je me lève pour faire pipi la nuit parce que l’on a essayé de me noyer. »
Une dame vient me voir en consultation. Elle a des problèmes de sommeil. Elle se réveille très très très régulièrement la nuit pour aller faire pipi. Elle a la sensation bizarre que son corps rejette l’eau comme si c’était dangereux pour elle. Elle sent qu’il y a quelque chose à comprendre en rapport avec quelque chose qu’elle a vécu enfant. Trotte dans sa tête une histoire de noyade par son grand-père sans qu’elle n’ait de souvenirs conscients. En séance, elle retrouve la scène dans les moindres détails : Nous avions une crise de rire avec mon frère à table, mon grand-père nous a jeté un verre d’eau à la figure pour nous punir. Ça nous a fait rire. Pour me punir d’avoir défié son autorité, il m’a plongé la tête dans une bassine en plastique. C’était dans la cour de la ferme, devant la maison. J’avais 5 ans. Je me retrouve avec la tête de force dans l’eau. J’ai pensé que j’allais mourir. Il n’a rien dit, rien expliqué. Je ne l’ai pas vu venir, je n’ai pas compris. Il m’a foutu la tête sous l’eau. J’ai inspiré la tête sous l’eau. Ça m’a fait mal et peur. J’avais juste à supporter l’envie de prendre l’air et de ne pas pouvoir. Il me ressort la tête d’un mouvement rapide. Je suis en panique, je tousse. Je fais sortir l’eau. Je sens qu’il faut que cette eau sorte. Si elle ne sort pas je vais mourir.
Elle prend à ce moment-là conscience du lien entre cette histoire vécue et son problème au présent : « Du coup dès que ma vessie est remplie à un dixième, il faut que j’aille faire pipi, que ce soit de jour comme de nuit. Parce que pour mon corps, l’eau c’est dangereux. A ce moment-là mon corps a compris que l’eau était bien mieux à l’extérieur qu’à l’intérieur. »
Incroyable mais vrai : la logique du cerveau humain…