Quand les blagues d’un papa se transforment en source d’angoisse pour un petit garçon…
Des parents viennent me voir en consultation pour leur petit garçon de 3 ans qui est souvent angoissé. Nous cherchons avec les parents ce qui peut angoisser leur fils. Je me rends rapidement compte que le papa a beaucoup d’humour, c’est un vrai blagueur. A la fin de ses blagues, il dit souvent « je rigole ».
J’ai une idée : je fais l’hypothèse que ce qui angoisse l’enfant est peut-être le fait qu’il ne sache jamais si ce que dit son père est vrai ou faux. En effet ; les enfants ne connaissent pas le monde, ils prennent donc pour argent comptant ce que disent les adultes. Cela leur permet de se construire un monde mental sécurisant : telle chose existe, telle autre n’existe pas…. Telle chose est possible, telle autre ne l’est pas… Ils peuvent compter sur cette construction mentale pour savoir s’ils sont en danger à un moment donné ou non, etc… C’est entre autres, la constance et la cohérence des propos des adultes qui va petit à petit les rassurer, créer une stabilité dans leur monde interne. Si cette parole change souvent ou est contradictoire, ils ne peuvent se construire sur quelque chose de stable, comme s’ils se construisaient sur des sables mouvants. Ceci est très angoissant pour l’enfant car il ne sait pas sur quoi compter.
Mettons-nous maintenant dans la peau de ce petit garçon dont le papa annule les paroles qu’il vient de dire et cela de manière récurrente. Cela peut logiquement créer un sentiment d’insécurité chez cet enfant qui ne sait plus quoi croire, ni sur quelle parole compter pour se sentir en sécurité.
Sans être sûre que cela allait fonctionner, j’ai demandé au papa de ne plus faire de blague devant son fils jusqu’à notre prochaine séance. A notre surprise, à la séance suivante, les angoisses avaient disparu.
Ceci est un résumé rapide de la séance pour que la compréhension du mécanisme qui nous intéresse soit plus claire.